Françoise Héritier partage avec nous son amour des mots et son goût pour la vie. L'auteure enchaîne des impressions sur sa propre vie, des souvenirs vivants et réels qui constituent un témoignage empirique et sensoriel. Une expérience de lecture peu habituelle, fluide et honnête. Un livre profond et simple à la fois, vitaliste mais aussi mélancolique, une lecture très intense, qui nous aide à découvrir les choses qui méritent vraiment d'être vécues et nous invite à chercher les moments qui ont façonné notre vie.
Françoise Héritier reflects on the limited time we have to enjoy life's simple pleasures amidst daily routines. In this heartfelt book, blending letter, prose poem, and self-help, she lists the joyful moments we often overlook, urging readers to appreciate the lightness and grace in their lives.
?Apres Le Sel de la vie, Francoise Heritier poursuit ici son exploration tout en intimite et en sensualite de ce qui fait le gout de l'existence. Elle nous invite a retrouver nos etonnements d'enfance, quand la decouverte des mots, a travers leur brillance, leur satine, leur rugosite, s'apparentait a celle de la nature et des confitures. A travers les mots, c'est le tresor cache s'etablissant en nous entre les sons, les couleurs, les saveurs, les touchers, les perceptions et les emotions qu'elle nous convie ici a redecouvrir. A chacun, a son tour, a partir de quelques mots, de trouver la richesse de l'univers intime qu'il porte en soi. Francoise Heritier est professeur honoraire au College de France. Elle a ete directeur d'etudes a l'Ecole des hautes etudes en sciences sociales et presidente du Conseil national du sida. Elle est notamment l'auteur du Sel de la vie, qui est un immense succes international.
Le concept de Migration(s) évoque le vaste mouvement des peuples, englobant les immigrés dans les pays d'accueil et les émigrés éloignés de leur pays d'origine. Nous avons tous été, à un moment donné, des nomades en cours de sédentarisation, des individus venus « d'ailleurs » pour vivre « ici ». Les relations de voisinage ainsi créées laissent une empreinte indélébile. Parfois, les « envahisseurs » - souvent perçus comme « barbares » - ont imposé leurs coutumes et leur organisation politique, tandis qu'ils se sont également laissés « civiliser » par les peuples qu'ils ont rencontrés. Cela a engendré des mélanges culturels et des métissages ethniques dont nous sommes aujourd'hui les héritiers, qu'il s'agisse d'Européens, d'Américains ou d'Asiatiques et d'Africains. Les migrations sont intercontinentales, recoupant espace et temps, géographie et histoire, géopolitique et histoire culturelle comparée. Les migrations contemporaines sont en partie héritées des configurations de l'ère coloniale et de la décomposition des empires, tout en répondant à la dynamique qui pousse les populations pauvres vers des régions d'opulence économique, de justice sociale, de démocratie, de rayonnement intellectuel et artistique, ainsi que de culture de divertissement.
In this remarkable work, anthropologist Françoise Héritier explores the incest prohibition throughout history, from Leviticus to contemporary civil codes. Through nuanced readings, she highlights the often-overlooked secondary type of incest, which prohibits two close blood relatives from engaging sexually with a third person. Héritier argues that this phenomenon is as universal as the classical "first" type of incest, which bans sexual relations between certain relatives. She controversially suggests that the first type may stem from the secondary type, viewing it as a transfer of bodily fluids in a love triangle involving two related partners. Her analysis is both erudite and insightful, drawing from classical ethnographies and civilizations, including Rome, Greece, Asia Minor, and Islam. Héritier's fieldwork in West African societies, where bans against two sisters are particularly strict, informs her complex "mechanics of fluids," where blood, milk, and semen underpin kinship and prohibition. Her theories, based on the interplay of fluids and essences, reveal the intricate connections between social structures, nature, and the body, offering fresh perspectives on kinship theory's complexities.