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Jean Mesnard

    GF: La princesse de Clèves
    La Princesse de Clèves - Édition avec dossier
    • Madame de Clèves, jeune beauté parfaite en tout point, fait des débuts remarqués à la cour de la reine dauphine, belle-fille d'Henri II. Pour ce modèle de vertu, l'image de Diane de Poitiers plane tout au long du roman comme le contre-exemple absolu. Mais sous des dehors innocents, la Princesse de Clèves, par sa faculté à analyser et à maîtriser ses sentiments, fait preuve d'une personnalité étonnante et rarement exposée avec tant de justesse auparavant. Car, si l'amour courtois trouve ici d'indéniables échos, cet ouvrage paru en 1678, souvent considéré comme le premier roman de la littérature française, est indéniablement un pas énorme vers le roman tel qu'on le connaît aujourd'hui. La galerie de portraits dressée par Madame de Lafayette peut s'avérer un peu rébarbative pour le lecteur moderne, de même que sa langue est un peu austère. Néanmoins, l'analyse psychologique est d'une vraisemblance résolument novatrice et rachète l'invraisemblance de certaines scènes. En outre, l'exploit de faire naître tout un roman d'une intrigue aussi ténue, pratiquement sans action, fait de La Princesse de Clèves un ouvrage d'autant plus pathétique que les personnages laissent peu d'emprise aux événements extérieurs et se condamnent eux-mêmes. --Sana Tang-Léopold Wauters

      La Princesse de Clèves - Édition avec dossier
    • GF: La princesse de Clèves

      Édition de Jean Mesnard

      L'amour est le tout de la vie ; l'amour est impossible à vivre. Cette aporie est au cœur de la Princesse de Clèves. Elle ne s'applique évidemment pas aux formes multiples de la galanterie dont la cour du roi Henri II, sorte d'abrégé de la comédie humaine, donne le spectacle. Mais que peut-on appeler véritablement amour sinon le grand amour, vécu, selon des modalités diverses, par le prince de Clèves, par la princesse de Clèves et par le duc de Nemours ? C'est celui qui porte à s'absorber en l'être aimé ; celui qui aspire à la durée, exclut toute infidélité et ne peut concevoir sa fin, même dans la mort. Mais cet idéal, ce rêve est bousculé par les réalités de la vie. Qu'à cet amour fou ne réponde qu'un amour raisonnable, situation du prince de Clèves ; il n'engendre plus que malheur. Qu'un amour réciproque ne puisse s'épanouir sans infidélité, situation de la princesse de Clèves et du duc de Nemours : il perd alors sa pureté ; l'échec est inévitable. Au point que, devenue veuve et libre, et toujours amoureuse, la princesse ne peut que refuser le bonheur qui se présente, car il ne serait qu'illusion. Symphonie de l'amour, La Princesse de Clèves s'achève en poème de la condition humaine.

      GF: La princesse de Clèves