Agrégée de mathématiques, Sylvia apprécie la pureté algébrique et peine à accepter les équations sans solution. En tant que lectrice de Thomas Mann, elle se perd souvent dans ses pensées, contemplant les neiges éternelles de Davos, qui lui rappellent les nombres premiers. Louis, critique de cinéma, traque les clichés tant dans les films que dans la vie. Leur amour semble impossible : pour lui, l'amour est une intrigue trop prévisible, tandis que pour elle, il évoque des concepts mathématiques complexes. Malgré cela, ils partagent une intelligence désespérée et une ironie née de leur incapacité à vivre pleinement. Ils s'engagent maladroitement dans des gestes d'amour sans jamais prononcer le mot, se séparant après chaque rencontre pour se convaincre de l'insignifiance de leur relation. Peut-être que le destin, ce cliché, les amènera à reconnaître que l'amour est aussi éternel que les neiges de Davos, et qu'il est le seul scénario valable pour la vie humaine, à moins qu'il ne soit déjà trop tard. Comme dans son roman préféré, La Montagne magique, les digressions de cette œuvre enrichissent les portraits psychologiques des protagonistes et explorent leur relation complexe, où l'amour, bien que semblant perdu d'avance, trouve des chemins inattendus. Isabelle Coudrier, scénariste, signe ici son premier roman.
Isabelle Coudrier Knihy
