Ce troisième et dernier volume de la Correspondance de Balzac couvre une période de neuf ans (1842-1850). L'écrivain, toujours engagé dans La Comédie humaine, rédige des romans publiés en feuilletons (Illusions perdues, Splendeurs et misères des courtisanes) et corrige les épreuves de l'édition Furne, tout en négociant avec éditeurs et libraires. Ses lettres révèlent la productivité d'un romancier débordé et endetté. Balzac, à l'image de son personnage Rubempré, mène une vie flamboyante aux côtés de sa maîtresse, la comtesse veuve Éveline Hanska, avec qui il voyage à travers l'Europe. Il reste en contact avec sa famille, ses amis et admirateurs, se remémorant Stendhal, qui écrivait "comme les oiseaux chantent". Entre ses séjours en Ukraine, il multiplie les projets théâtraux, envisageant d'adapter ses succès littéraires. Après le décès de Chateaubriand, il soumet à nouveau sa candidature à l'Académie française, mais n'obtient que quatre voix. Le mariage avec Mme Hanska est célébré, et Balzac exprime son bonheur dans une lettre à Zulma Carraud, considérant cette union comme une récompense après tant d'adversités. Sa santé se dégrade, et il meurt cinq mois après ses noces, laissant ses dernières lettres dictées à sa femme. Il s'éteint le 18 août, à cinquante et un ans.
Hervé Yon Pořadí knih (chronologicky)


Bibliothèque de la Pléiade - 2: Correspondance
Édition établie, présentée et annotée par Roger Pierrot et Hervé Yon
- 1456 stránek
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Le 13 février 1836, une inconnue écrit à Balzac ; elle voudrait savoir s'il correspond à l'idée qu'elle s'est faite de lui en le lisant, se dit incapable de séparer l'homme de l'auteur et éprouve le désir «senti et réfléchi» d'une rencontre : «trouvez-vous lundi à une heure au foyer de l'Opéra et abordez-moi ; je serai noire de la tête aux pieds, et des nœuds roses au bas des manches.» Balzac s'est-il rendu à l'invitation ? On l'ignore, l'affaire n'a pas laissé de traces. Mais toute sa correspondance répond à la dame en noir : l'homme et l'auteur, inséparables, s'y livrent à cœur ouvert. Ces années, de 1836 à 1841, sont marquées par l'achèvement des Études de mœurs et des Études philosophiques, et par l'écriture et la publication d'œuvres de premier plan, Le Lys dans la vallée, César Birotteau, Illusions perdues, Béatrix... Le travail est plus intense que jamais, «je suis dans mon cabinet, comme un navire échoué dans les glaces». Au printemps de 1839, le plan de La Comédie humaine est établi : ce qui a toujours paru gravé dans le marbre, le voici à l'état naissant. Et il y a d'autres fronts, que Balzac ne déserte jamais : les salons, la presse, le théâtre (avec Vautrin, interdit au lendemain de la première) - et toujours des imprimeurs rétifs, des fournisseurs impatients, des huissiers intraitables et des créanciers revêches (au nombre desquels figure la mère d'Honoré). il y a les dames, enfin, une Louise notamment, dont on ne sait rien, mais à travers qui on touche aux secrets les plus intimes de Balzac. «Ma vie est décidément trop pesante pour être jamais épousée par un cœur où il y a quelque sensibilité. N'ayez pas d'amitié pour moi, j'en veux trop.»